Une sensation de malaise

La première chose que je ressens en écrivant ces mots, c’est une sensation de malaise, une chaleur désagréable qui monte et s’installe sur le visage. Puis j’entends ces phrases dans la tête : “Qu’est-ce qui t’arrive?” “Pourquoi t’es tout rouge?” “Mais arrête de rougir!”

Peut-être avez-vous aussi ressenti la même chose au moment de prendre la parole dans une réunion ou simplement lors d’une soirée. Vous vous lancez et d’un coup, ça empire ! Tous les regards se tournent vers vous, vous avez l’impression que vos joues vont exploser, vous sentez les larmes monter. La seule solution que vous avez c’est d’enfoncer votre tête dans vos épaules, regarder au sol et espérer que les autres vous oublient vite.

Vous l’aurez compris en lisant ces lignes, je suis, ou du moins j’étais, timide.

La solution: me cacher…

Cette expérience, je l’ai vécue de nombreuses fois, à tel point qu’une grande partie de mon enfance et de mon adolescence a été consacrée à l’éviter. Comment faire ? Vu que cette sensation désagréable ne se produit qu’en présence d’autres personnes, autant rester tout seul ! Qu’est-ce qu’on est bien en sécurité dans sa chambre plutôt que de risquer d’être mal à l’aise en public.

Le problème c’est qu’on ne peut pas toujours rester seul, il faut bien aller en cours, aller travailler, sortir en famille… Alors que faire ? Rester le plus discret possible ? Ne pas se faire remarquer ? Faire uniquement ce que l’on attend de vous ? Eviter toute interaction, tout faux pas qui risquerait de vous exposer à la vue des autres, d’attirer l’attention sur vous ?

Ne rien dire en attendant que ça passe

Le temps passe et les peurs restent; peur de parler à quelqu’un, de poser une question, de donner mon avis, peur de faire une erreur que des gens remarqueraient. Je me souviens de nombreuses situations où rester discret pour éviter une situation désagréable m’a conduit à des situations pire encore.

Je me souviens très jeune avoir subit l’assaut de vagues de chaleur un après-midi de fin d’année scolaire car je n’avais pas osé demander l’autorisation d’enlever mon pull. J’avais préféré rester sans rien faire tout rouge et transpirant ce qui ne manqua pas d’attirer l’attention de toute la classe. Je me souviens également d’un cours d’arts plastiques où j’avais par erreur posé un pinceau sale sur le bord de ma feuille. Terrifié, je m’étais contenté de cacher le crime sous un chiffon en espérant que la tache disparaitrait comme par magie au moment de rendre mon oeuvre. Plus grand, j’ai passé un entretien de stage où j’ai laissé mon interlocuteur m’appeler Julien pendant une heure sans oser lui dire que ce n’était pas mon prénom. Je vous laisse imaginer sa réaction au moment où il a relu mon CV.

Être timide et s’en sortir

Si je peux rire de ces situations maintenant, je peux vous assurer que ce n’était pas le cas à l’époque et que la souffrance et le malaise ressentis étaient bien réels.

J’avais tout de même un espoir pour me sortir de ces situations, celui de devenir adulte. Je ne sais pas pourquoi, mais j’étais persuadé que le passage à l’âge adulte me permettrait de régler tous ces problèmes, que toutes mes peurs s’envoleraient d’un coup.

Je me trompais. Devenir adulte ne permet pas de se débarrasser de son caractère de timide d’un claquement de doigt. Bien au contraire l’âge adulte apporte son lot d’interactions sociales qui sont autant de défis pour un timide. Il faut en passer par là. Pour moi, le chemin a été long mais maintenant ça va…

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