Cet article est la suite de Avant j’étais timide… mais j’ai progressé. Je vous invite à le (re-)découvrir avant de continuer la lecture.

 

Grandir et progresser

On entend souvent dire que la pratique du théâtre aide à vaincre sa timidité. On associe par là le trac sur scène à de la timidité. Si le théâtre m’a grandement aidé c’est un peu plus compliqué que ça…

J’avais donc trouvé mon activité, celle qui me permettait de grandir, de progresser et d’échanger avec les autres. Je me sentais de plus en plus à l’aise pendant les ateliers théâtre et, sans m’en rendre compte, cette aisance se répercutait dans certains aspects de ma vie quotidienne, avec mon entourage proche notamment. J’avais de plus en plus de facilités à m’exprimer avec mes amis, à laisser sortir ce que je pensais même si la moindre contradiction continuait à me mettre mal à l’aise. J’ai également découvert le plaisir de faire rire les autres. C’est assez étonnant de se rendre compte qu’en laissant sortir quelques petites phrases en toute spontanéité, on arrive à divertir et à amuser son entourage.

Il y avait donc d’un côté les situations avec lesquelles je me sentais à l’aise et de l’autre tout le reste : je pouvais me balader déguisé en cupidon avec des petits collants blancs devant un public de lycéens et de parents sans trop de difficultés mais tout faire pour éviter de passer un simple coup de fil pour prendre rendez-vous chez le coiffeur.

Je me suis longtemps contenté de ces situations en pensant que ça finirait par passer, et en me concentrant sur mon cercle d’amis. Mais avec mes études j’ai dû régulièrement me confronter à la difficulté d’arriver dans de nouveaux milieux et de devoir à nouveau aller à la rencontre des gens.

 

Improviser pour vaincre sa timidité

Après 3 ans de classe prépa, ce que j’attendais le plus à mon arrivée en école d’ingénieur, c’était de pouvoir reprendre le théâtre. C’est ce que je fis avec grand plaisir et je finis même par me mettre à l’improvisation, non sans craintes. Pour un timide, faire du théâtre c’est déjà une longue liste de difficultés à surmonter, mais l’improvisation c’est tout une autre histoire. L’implication personnelle y est encore plus poussée, vu que c’est à vous de choisir vos personnages, de décider de vos actions et de vos paroles.

Pourtant je me suis lancé, et ça s’est bien passé. L’improvisation demande d’oser se lancer tout en assumant son idée ou ses propos quoiqu’il arrive. Un bon moyen de vaincre sa timidité donc. J’ai alors découvert à quel point cette discipline était plus riche qu’elle n’en avait l’air et qu’elle était bien plus qu’un simple concours de répartie. L’écoute, l’observation, le lâché prise et l’envie d’aller vers les autres et de construire ensemble en sont les maîtres-mots.

Toutes ces années d’improvisation m’auront appris énormément de choses sur moi-même et sur les autres mais ces apprentissages dépassaient rarement le cadre des ateliers et des spectacles. J’étais capable de me dépasser sur scène, de prendre des risques et d’oser mais je restais un jeune homme timide et discret au quotidien.

 

Être à l’aise au quotidien

 J’ai fini par en avoir marre de ce constat paradoxal, marre d’être mal à l’aise et stressé lors d’une simple réunion de travail, marre de ne pas pouvoir parler à un inconnu alors que j’attends avec impatience de me produire sur scène devant 200 personnes sans même savoir ce que je vais y faire.

C’est là que j’ai fait un vrai travail, pour faire ressortir ce qui fonctionne dans un cadre et l’appliquer dans l’autre. J’ai donc essayé d’appliquer au quotidien les principes de l’impro : le lâcher prise, l’acceptation, le fait d’accueillir les erreurs et l’imprévu, la volonté de construire avec les autres… Cela a pris du temps, non pas parce que c’était difficile mais parce qu’il fallait désapprendre toutes mes habitudes de replis, et maintenant rien ne me semble plus naturel.

Cette période a coïncidé avec le moment où je me suis lancé à donner des cours d’impro. C’était un défi personnel au départ, pour voir si j’en étais capable et c’est devenu et une véritable passion et une grande source d’apprentissage. Former des gens (timides ou non), leur transmettre des valeurs, des techniques et les voir progresser, c’est mon métier à présent et j’en suis fier.

Vaincre sa timidité n’est pas chose simple. L’improvisation et le théâtre ne remplacent pas les situations de la vie courantes. Moi-même, il me reste quelques réflexes de timides. Par moment je ne me sens pas à l’aise, je n’ose pas demander quelque chose et je continue parfois à rougir.  Mais ce n’est pas grave.

Avant, j’étais timide mais maintenant ça va !

Je vous conseille le témoignage de mon associé Pablo qui vous explique comment sortir de votre zone de confort.

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